Weeky n° 9

Happy Birthday !

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— Joyeux anniversaire ! crie toute la salle tandis que Romain entre chez lui.

— Faites chier bande de con, cassez vous !

La phrase de Romain jette un froid.

— Vous croyez que ça m’amuse de fêter mes trente cinq ans ? Je veux être peinard ! C’est possible ?

— Mais enfin chéri, c’est tout tes amis qui sont venus pour toi, pour te faire la fête.

— Vous pouvez faire la fête sans moi, j’ai pas envie de m’amuser ce soir, de voir vos gueules et de me marrer.

— Quoi, mais tu ne peux pas dire ça !

— Je vais me gêner. J’ai pas envie de passer un moment avec vous, avec toi et toi et toi aussi. Vous êtes insupportables, au bout de dix minutes je ne vais plus pouvoir rester là parce que vos conversations me saoulent, vos jeux m’ennuient et de toute façon personne ne s’écoute vraiment, chacun tente de placer sa petite anecdote, son bon mot, sa petite blague, sa petite drague.

L’un de ses anciens collègue de bureau décide de se faire le porte-parole du groupe.

— Eh, tu crois que t’es mieux toi ? Tu crois qu’on en n’a pas marre de te voir parmi nous mais toujours ailleurs finalement. Tu crois pas qu’on en a marre de te voir tout le temps taper sur la table avec tes putains de doigts. Tu crois pas qu’on en a marre aussi de te faire la bise alors que t’as une barbe de trois jours qui nous arrache les joues.

— Ca va, ça va. Je ne vous interdis pas de faire la fête entre vous, moi je me tire !

— Et ça ? demande sa femme en désignant une petite pile de cadeaux.

— Ça ? Encore des tas de conneries, des bibelots qui vont traîner sur des étagères à prendre la poussière et puis au bout de quelques années, quand je jugerai qu’ils ont fait leur temps, j’irai les jeter à la déchetterie. Mais ouvrons les pour rire.

Il ouvre le premier cadeau.

— Super ! Un cendrier ! C’est bien, je ne fumes pas.

— Oui, mais quand on vient chez toi on sait pas où mettre ses mégots ! dit une voix.

— Ouais, bah désormais tu ne fumeras plus chez moi, c’est clair ? Est ce que ça vaut la peine que je continue ?

— Non, ça ne sert à rien, on va tous reprendre nos cadeaux et rentrer à la maison. On pourra le rendre en magasin en expliquant qu’il y a un con qui n’en a pas voulu.

— Et bien allez y, vous pouvez les reprendre. Ou alors offrez les vous entre nous. Ou, je sais, j’ai une meilleure idée: je vais les distribuer au hasard.

Il attrape un cadeau et va le donner à son meilleur ami.

— Tiens, pas de chance, comme tu es mon meilleur ami je te donne le plus gros. J’espère que tu as de la place chez toi.

Il distribue le reste des cadeaux à d’autres amis.

— Eh ben voilà ! Une bonne chose de faite, tout le monde est content comme ça ! Allez, tciao tout le monde !

Il sort.